Pourquoi prêter une œuvre ?
Prêter une œuvre à une exposition est pour le collectionneur une façon de contribuer à la vie artistique et culturelle. Cela permet à l'œuvre d'être vue par un public plus large, renforce la réputation de l'artiste et donne une visibilité à la collection. Pour les institutions, les prêts de collections privées sont souvent indispensables : de nombreuses expositions ne pourraient pas avoir lieu sans eux.
Ce geste peut également être valorisant sur le plan fiscal dans certains cas et renforce la relation entre le collectionneur et les institutions artistiques, une relation qui peut ouvrir des portes et faciliter d'autres opportunités dans le monde de l'art.
La demande de prêt : comment ça se passe
La demande de prêt émane généralement de l'institution organisatrice de l'exposition. Un conservateur ou un commissaire vous contacte, décrit le projet et précise l'usage qu'il souhaite faire de l'œuvre. Il s'agit d'une approche respectueuse : le prêt reste à votre discrétion et vous pouvez le refuser sans avoir à vous justifier.
Avant d'accepter, renseignez-vous sur les conditions de prêt : l'institution prend-elle en charge le transport et l'assurance ? Quelles sont les conditions d'accrochage et de conservation ? Quelle est la durée du prêt ? Ces informations doivent être clarifiées avant toute signature.
🎨 Le conseil Inartora
Avant d'accepter tout prêt, exigez une couverture d'assurance 'clou à clou' : cette garantie couvre votre œuvre du moment où elle quitte votre domicile jusqu'à son retour, sans aucun angle mort en cas de sinistre.
La convention de prêt
Tout prêt d'œuvre doit faire l'objet d'une convention écrite. Ce document précise l'identité des parties, la description précise de l'œuvre (titre, technique, dimensions, état), la période de prêt, les conditions de transport, la couverture d'assurance (qui assure l'œuvre et pour quel montant), et les obligations de l'emprunteur en matière de conservation et de présentation.
Ne jamais prêter sans convention écrite, quelle que soit la confiance accordée à l'institution. Ce document vous protège en cas de dommage et définit clairement les responsabilités de chacun.
L'état des lieux et le constat d'état
Avant le départ de l'œuvre, un constat d'état est réalisé en présence des deux parties : un document écrit et photographique qui décrit l'état de l'œuvre au moment du prêt. Ce constat est indispensable : il permet de comparer l'état de l'œuvre à son retour et d'identifier tout dommage survenu pendant le prêt.
Pour les œuvres de valeur significative, il est conseillé de faire appel à un restaurateur professionnel pour établir ce constat. Son expertise permet de documenter des détails que l'œil non formé pourrait ne pas repérer.
L'assurance pendant le prêt
Les institutions sérieuses prennent en charge l'assurance de l'œuvre pendant toute la durée du prêt, du moment du départ à votre domicile jusqu'au retour. Cette couverture, dite 'clou à clou', est la norme pour les musées nationaux et les grandes institutions.
Vérifiez que la valeur assurée correspond à la valeur actuelle de l'œuvre, pas à sa valeur d'achat si celle-ci est inférieure. En cas de sinistre, c'est la valeur de marché au moment du dommage qui doit être indemnisée. Si nécessaire, faites établir une expertise avant le prêt pour documenter cette valeur.
Rédigé par Inartora
Guide indépendant des galeries d'art en France.
